Les nouvelles du mardi de SUD Education 79

Au sommaire cette semaine :

  • Les enseignant français ne se sentent ni valorisés ni formés.
  • Les inégalités fille-garçons ont de beaux jours devant elles...
  • Lynchage d'un jeune Rom : un crime raciste nié par la justice et l'Etat

 

 

  • Les enseignant français ne se sentent ni valorisés ni formés.

Seulement 5% des enseignants français estiment que leur métier est valorisé par la société. C’est l’un des résultats les plus inquiétants de l’enquête Talis dévoilée ce mercredi par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), qui interroge sur les conditions de travail et d’apprentissage des enseignants dans 34 pays. Parmi les 107 000 enseignants interrogés, 3 002 professeurs et 204 directeurs de collèges français se sont prêtés au jeu entre février et juin 2013, mettant en exergue les faiblesses du système éducatif actuel, à savoir la formation et l’évaluation des professeurs.

Un manque de valorisation

«Deux tiers des enseignants interrogés estiment que leur métier n’est pas reconnu comme il devrait l’être», expose Eric Charbonnier, l’expert choisi par l’OCDE pour présenter ce rapport. En France, ils ne sont que 5% à penser que leur travail est valorisé par la société. Ce qui nous place en avant-dernière position, juste devant la République slovaque et loin derrière la moyenne de l’OCDE, qui est de 31%.

D’ailleurs, si 86% des professeurs de collège français interrogés affirment être satisfaits de leur emploi, seuls 58% estiment que les avantages de leur métier en compensent les inconvénients, contre 77% pour la moyenne OCDE. Lire la suite sur Libération.

 

  • Les inégalités fille-garçons ont de beaux jours devant elles...

Ne pas généraliser l'expérimentation des ABCD de l'égalité sans donner l'impression de reculer : c'est l'exercice périlleux auquel vient de s'atteler le gouvernement. Exit le slogan instrumentalisé par les lobbys traditionalistes pour faire croire à l'enseignement d'une prétendue « théorie du genre » à l'école. C'est un « plan d'action » en quatre volets que le ministre de l'éducation, Benoît Hamon, a dévoilé, lundi 30 juin, sur France Inter. […] « Des injonctions sur la formation, on en a connu ces dernières décennies, presqu'autant que des plans d'action », rappelle Claude Lelièvre, […] historien, en référence aux conventions interministérielles de 2000, 2006 et 2013. […] « Si l'intention est là, la concrétisation risque d'être plus compliquée, la formation continue restant le talon d'Achille de l'école primaire », observe une source syndicale. […] « Ce que nous retenons, c'est le caractère facultatif des mesures annoncées, conteste Claire Serre-Combe, d'Osez le féminisme ! La seule chose obligatoire, c'est la formation initiale des enseignants. C'est une goutte d'eau. Les temps dédiés dans les classes seront également optionnels. C'est du saupoudrage. » Lire l'article entier sur Le Monde.



  • Lynchage d'un jeune Rom : un crime raciste nié par la justice et l'Etat

Mardi 17 juin, quatre jours après le lynchage d’un Rom de 16 ans venu de Roumanie retrouver sa famille, et au lendemain de sa médiatisation, « le président de la République exprime son indignation » :

« ces actes sont innommables et injustifiables. Ils heurtent tous les principes sur lesquels notre République est fondée. »

Mais de quels principes s’agit-il ? Comme le relève le New York Times, François Hollande ne qualifie pas l’agression de « crime raciste » (hate crime). De fait, dans son communiqué, comme dans les déclarations du ministre de l’Intérieur et du Premier ministre, le même jour, le mot « Rom » n’apparaît jamais, non plus que la nationalité de la victime ; il n’est question que d’un « jeune adolescent ».

S’agirait-il d’un simple fait divers ? La procureure de la République de Bobigny y insiste :

« ce drame n’est pas réductible à un antagonisme entre deux communautés ».

En effet, « le mobile », « c’est la vengeance privée », après un cambriolage dont l’adolescent serait « l’auteur désigné par la rumeur ». Ces propos sont ainsi résumés :

« La procureure de la République l’a répété : l’agression ultra-violente du jeune Darius n’a a priori rien à voir avec ses origines roms ».

Mais les Roms ne sont-ils pas victimes de rumeurs, avant de l’être d’agressions ? Il suffit de songer aux déclarations de Michel Fourcade, maire PS de Pierrefitte-sur-Seine, manifestant d’emblée sa compréhension pour des « populations excédées » confrontées à un garçon qui aurait été interpellé à plusieurs reprises en juin et à des cambriolages qui se seraient multipliés depuis l’arrivée des Roms… Au mépris de toute présomption d’innocence, ceux-ci ne sont-ils pas présumés coupables, à la fois individuellement et collectivement, et persécutés en conséquence ? Les auteurs du crime auraient d’ailleurs « menacé de brûler le campement » tout entier.

Reste qu’à la différence des responsables politiques, la procureure reprend le terme utilisé par les médias : « lynchage ». Le langage trahit ainsi une vérité qu’on voudrait nier : et s’il s’agissait de racisme ? D’ailleurs, la presse étrangère n’a pas ces pudeurs. En Suisse, Le Matin titre sans ambiguïté :

« Son seul tort ? Être rom ».

Quant à la La libre Belgique, elle voit la France comme

« un pays qui reste traumatisé par “l’affaire Ilan Halimi”. Du nom de ce jeune Parisien de confession juive qui, en 2006, avait été enlevé, séquestré et torturé à mort par les antisémites du “Gang des barbares”. »

Bagneux résonnerait avec Pierrefitte, une banlieue avec l’autre, dans une même inhumanité raciste. Or en France, si la procureure parle avec insistance de « barbarie », ce rapprochement est rarement évoqué – comme s’il était dénié. Lire la suite sur Les mots sont importants.

 

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