Les nouvelles du mardi de SUD Education 79

Au sommaire cette semaine :

  • Comment les maires empêchent les enfants roms d'aller à l'école.
  • NVB et les anti-gender.
  • Celle qui a stoppé les ABCD de l’égalité nommée Ministre de l’Éducation, une rentrée aux rythmes de l’austérité
  • Enseignants stagiaires : des situations qui restent intolérables...

 

 

  • Comment les maires empêchent les enfants roms d'aller à l'école.

Selon une étude, 60 % des enfants de ces familles vivant déjà en marge de toute socialisation le sont par des manœuvres délibérées des maires.

«Pas de place à l’école pour les enfants Roms en France ? » C’est par cette interrogation que l’European Roma Rights Centre (Errc) a titré un communiqué alarmiste, lundi. L’ONG a mené une étude sur la scolarité des enfants Roms, dont les résultats sont sans appel : « Dans 60 % des cas, la déscolarisation est due au refus des maires d’inscrire les enfants Roms à l’école. » L’Errc a procédé à des entretiens auprès de 118 Roms adultes, habitant dans six bidonvilles des Bouches-du-Rhône, du Nord et de Seine-Saint-Denis. Les rejets subis lors des démarches pour scolariser les enfants, mis en lumière par cette étude, ont également été constatés par les associations et par les militants de terrain. « Certaines municipalités font tout pour décourager les parents de scolariser leurs enfants », indique l’avocate Julie Launois. L’instruction en France est obligatoire pour tous les enfants de six à seize ans, quelle que soit leur situation. Mais « les maires emploient des moyens détournés pour laisser les Roms hors de l’école, sans trop enfreindre la loi », poursuit l’avocate. « Certains affectent les enfants à l’école la plus éloignée du terrain où ils habitent, en espérant qu’ils ne s’y rendent pas. D’autres opèrent un refus d’inscription à la cantine », poursuit-elle. Ce comportement a également été observé par Véronique Decker, directrice d’école à Bobigny et très engagée pour la scolarisation de tous. « Le plus souvent, les municipalités récalcitrantes inscrivent les enfants Roms à la cantine au tarif extérieur, complète-t-elle. Obliger les parents à s’acquitter de cinq ou sept euros par repas revient de facto à pousser ces enfants à la déscolarisation. » Si nombre de mairies cherchent effectivement à décourager la scolarisation des enfants Roms, les services de l’État sont aussi en cause. L’éducation nationale ne nomme pas d’instituteur supplémentaire en cas d’implantation d’un camp de Roms, même si le nombre d’élèves augmente de fait. Et les expulsions à répétitions revendiquées par le ministère de l’Intérieur, mettent en péril la scolarité. « En moyenne, les Roms interrogés ont été expulsés six fois depuis leur arrivée en France, détaille l’Errc. Les parents ont exprimé leur profonde préoccupation du fait des conséquences des expulsions sur la santé mentale et la scolarité de leurs enfants. » Lire la suite sur L'Humanité.fr

 

  • NVB et les anti-gender.

C’est reparti, les attaques contre le moulin à vent imaginaire de l’éducation au genre. Et la nouvelle ministre suscite malgré elle le retour sur la scène médiatique de ce sujet qui avait quelque peu dégonflé.
Ils ne devraient pas se plaindre pourtant les anti-gender-imaginaire car c’est justement elle qui, en tant que Ministre du droit des femmes (!), avait défendu l’arrêt des ABCD de l’égalité pour répondre à l’agitation réactionnaire suscitée par ce dispositif promouvant l’égalité des sexes. Comme quoi ces gens là feraient vraiment mieux de s’informer... A lire sur le Mammouth déchaîné.

 

  • Celle qui a stoppé les ABCD de l’égalité nommée Ministre de l’Éducation, une rentrée aux rythmes de l’austérité

Nous ne regretterons ni Peillon, ni Hamon. Et la nomination de Najat Vallaud-Belkacem comme Ministre de l’Éducation Nationale ne donne pas un bon signe : c’est elle, en tant que Ministre du droit des femmes (!), qui avait défendu l’arrêt des ABCD de l’égalité pour répondre à l’agitation réactionnaire suscitée par ce dispositif promouvant l’égalité des sexes.

Plus généralement, le changement de gouvernement ne changera rien sur le fond, la condition pour faire partie du nouveau gouvernement étant d’être totalement en phase avec la ligne libérale du duo Valls/Hollande. D’ailleurs, Pierre Gattaz, le Président du MEDEF, s’est dit très satisfait du remaniement et affirme que « C’est une bonne décision »…

La Valls Hollandaise se danse sur un rythme particulier : 3 pas en arrière pour le plus grand nombre, 2 pas en avant pour les plus riches. L’austérité est bien illustrée par le « pacte de responsabilité » : moins 50 milliards de dépenses publiques (services publics, collectivités, sécurité sociale) et un cadeau supplémentaire de 30 milliards au patronat. Antisociaux et économiquement contreproductifs, les effets bluesy de cette politique se sont encore manifestés cet été. Alors que la courbe du chômage refuse opiniâtrement d’opérer un demi-flip et que la sacrosainte croissance fait un moon-walk, les dividendes versés aux actionnaires des entreprises françaises ont fait un saut de chat de 30% au second trimestre. Affirmer que cette politique ne « marche » pas c’est se tromper de musique ; elle a l’effet recherché : un transfert de toujours plus de richesses vers les plus riches. Lire la suite sur notre site.

 

  • Enseignants stagiaires : des situations qui restent intolérables...

La rentrée des stagiaires 2014 s’annonce extrêmement décevante, car si le gouvernement est revenu sur la mastérisation du recrutement que nous avions contestée dès 2008, il s’est malheureusement arrêté en chemin en se refusant, en partie pour des raisons budgétaires, à replacer le concours après Bac+3, avant une formation rémunérée comme fonctionnaire stagiaire et une entrée progressive dans le métier. Le nombre d’heures de formation a globalement diminué, et les textes concernant la formation, l’évaluation et la titularisation des stagiaires ne reviennent qu’en partie sur la réforme précédente, en termes de nombre d’heures devant élèves notamment. Par la multiplicité des statuts des stagiaires en cette rentrée, une partie des stagiaires est maintenue dans une situation précaire d’entrée dans le métier, à temps plein et parfois sans formation. Il y a cette année 4 types de stagiaires ou étudiant-e-s en formation : stagiaires du concours 2014, stagiaires admis-es au concours exceptionnel en juin 2014, celles et ceux des concours réservés et les emplois d’avenir professeur !

Déception! Avec la loi d’orientation votée en 2013, nous sommes bien loin de la refondation nécessaire. L’essentiel des réformes de droite est maintenu (bac pro, lycée général, programmes du primaire et parfois du secondaire), et d’autres aggravent la situation : rythmes scolaires dans le 1er degré, poids accru des collectivités territoriales et inégalités dans les activités périscolaires des écoles, carte des formations professionnelles.

SUD aux côtés des stagiaires... et avec Solidaires au côté des étudiant-e-s pour les conseiller et les défendre individuellement et collectivement tout au long de l’année. Affectation anormale, difficultés sur votre lieu de stage ou dans les formations, mutations..: N’attendez pas la fin de l’année, prenez contact avec nos militant-e-s.