Les nouvelles du mardi de SUD Education 79

Au sommaire cette semaine :

  • Quand la réforme des rythmes bénéficie grandement à l'Ecole privée.
  • EREA de St Aubin : Mobilisation contre 3 postes non-pourvus
  • L’étrange défaite syndicale.
  • Une attaque de l'extrême-droite sur l'école d'Amailloux
  • Quand la réforme des rythmes bénéficie grandement à l'Ecole privée.

Encore plus de privilèges pour l’enseignement privé confessionnel à l’occasion des rythmes scolaires

« Une réforme tout bénef pour l’École privée » titrait avec raison le Canard Enchaîné du 17 septembre 2014 (extraits cités) : (voir aussi ici)

Transfert d’élèves : « La réforme des rythmes scolaires n’étant obligatoire que dans le public, 90% des écoles privées ont décidé de ne pas l’adopter. Du coup, elles connaissent un afflux de nouveaux élèves, que leurs parents hostiles à la semaine scolaire de 4,5 jours ont retiré du public. La réforme fait donc gonfler leurs effectifs. »

Le beurre et l’argent du beurre : « Mais les établissements privés perçoivent quand même les fonds d’amorçage prévus par l’Etat pour lancer la réforme ...(...)... Voila qui fait hurler les défenseurs de la laïcité ! »

D’où des forfaits communaux accrus, que l’école privée réforme ou non :

« Par ailleurs, les mairies participent au fonctionnement des écoles privées en leur versant un forfait communal compensatoire, calculé en fonction du coût moyen d’un élève dans les écoles publiques (qui sont gérés sur fonds municipaux). Or les dépenses supplémentaires des communes pour les nouvelles activités vont gonfler ce coût moyen et donc cette manne versée obligatoirement aux écoles primaires et facultativement aux maternelles du privé ! Lesquelles seront donc trois fois gagnantes ... »

Le Canard enchaîné cite une des maires « énervée » par cet effet pervers qui « engraisse encore le privé. »

Les 60 000 nouveaux postes privilégient encore l’enseignement privé, qui en recevra 20 % alors qu’il scolarise 16 % des élèves. Comme d’habitude !!!

Comme l’argumente le CDPEPP, « La France est le pays d’Europe qui finance le plus l’enseignement privé, à 95% catholique (rémunération des enseignants, moyens matériels en fonctionnement, d’équipements. ». Le CDPEPP comparait notamment quelques chiffres :

- Scolarisant 84 % des élèves, l’enseignement public a perdu 97 % des postes supprimés de 2004 à 2012 ( - 77.500 / 80.000 ),

- En scolarisant 16 % , l’enseignement privé en a perdu - 3 % (- 2.500 / 80.000 ).

De la part de gouvernements « laïques », cela ne paraît « pas très catholique » (? !), mais les voies du « saigneur » sont impénétrables ! A lire sur Questionsdeclasses.org

 

  • EREA de St Aubin : Mobilisation contre 3 postes non-pourvus

L’équipe enseignante de l’Établissement régional d’enseignement adapté dénonce un déficit d’effectifs qui menace le programme des CAP.

Cent soixante-deux élèves de la sixième au CAP sont inscrits cette année à l'Erea de Saint-Aubin-le-Cloud. Mais trois postes d'enseignants sur huit ne sont pas encore pourvus, ce qui selon l'équipe éducative, hypothèque de plus en plus le programme de certains élèves, notamment en CAP. Simon Point, porte-parole, souligne que « 37 % d'effectifs en moins représentent 55 h d'enseignement non dispensées par semaine ». Le professeur poursuit : « Si l'un des postes vacants peut s'expliquer par une absence imprévue, il n'en est pas de même pour les deux autres causés par une mutation et un congé maternité, donc tout à fait prévisibles. »

Afin de faire connaître leur mécontentement et d'attirer l'attention sur le risque que représente la gestion de temps libre pour des adolescents en difficulté, une « opération Erea plage » a été organisée par les enseignants mardi au bord du plan d'eau de la commune. A cette occasion, un parent d'élève les a également rejoints (la plupart des jeunes étant internes et souvent éloignés de leurs familles).

Un préavis de grève a par ailleurs été déposé pour deux semaines (du 6 au 17 octobre) [par Sud éducation], « si la situation n'est pas débloquée d'ici là », explique Simon Point. Et l'enseignant de dénoncer une pratique qui lui semble étrange : « Il est carrément demandé aux enseignants de se charger du recrutement, en dehors d'une annonce à Pôle emploi ! Pourtant, la balle est dans le camp de l'Éducation nationale et du rectorat. Il est nécessaire qu'on arrête de considérer que nous sommes les derniers à prendre en compte, sous prétexte que nous nous trouvons au fond de la campagne deux-sévrienne. Sur 25 semaines de cours, nous en avons déjà raté quatre. Or, nos élèves ont six à huit semaines de stage à effectuer dans l'année, et nous risquons de les envoyer dans les entreprises sans la moindre formation professionnelle, sans oublier que les élèves de CAP devront ensuite rattraper le contenu nécessaire en l'ingurgitant plus vite. » A lire sur la NR.

 

  • L’étrange défaite syndicale.

Article du Mammouth déchaîné : Très curieuse rentrée 2014, sur le plan syndical. On s’attendait à mieux tout de même alors que Valls étreint le MEDEF, que le gouvernement en rajoute une couche un peu sur tout, et que Sarko (de retour) est on ne peut plus clair (aussi) sur ce qu’il fera si il revient au pouvoir (« nous n’avons pas besoin de 60 000 postes en plus dans l’EN », statut des fonctionnaires...). Bref, partout du social-libéralime, décomplexé (si celui-ci a un jour été complexé...).
Ouf, vers une grève le 16 octobre ?
L’annonce d’un début de mouvement social pour le 16 octobre a pu en faire frémir certains. Que le MEDEF se rassure, il n’a rien a craindre. Rarement le contexte syndical n’a été aussi bloqué.
Depuis les vacances (au moins) la CFDT refuse toute intersyndicale, meilleure façon pour qu’il n’y ait aucune contestation possible. La direction de la CGT, pas très motivée non plus, refuse toute discussion intersyndicale qui se ferait sans la CFDT, et au mieux propose à ses partenaires des « bilatérales ». Bref, cadre « large » (et flou) ou rien. Une autre façon de dire que c’est la faute des autres...
Cependant pris de court par un mouvement hospitalier (du 23 septembre) initié par des collectifs locaux et rejoint par certains syndicats (SUD santé et des sections de la CGT) , la direction CGT « pose » cette journée du 16, comme exutoire/défouloir pour une mobilisation qu’elle ne maîtrise pas. Grève générale face aux propos du MEDEF ? Faut pas rêver, ce sera « pour la défense du budget de la sécu ».
Noble cause, sans aucun doute, toute suite rabattue par les formes envisagées de la mobilisation : une manif à Paris et basta ! Et comme si ce budget n’était pas le résultat de tout un contexte...
Pour le gouvernement, le signe de la CGT est ainsi clair : ne pas déplaire au pouvoir, ne pas le gêner, tout en gardant le contrôle du mouvement social. Et surtout rester dans la course en tant que syndicat réformiste. C’est si pas une droitisation de la CGT, cela...
Et les autres ?
Pas mieux... La FSU, bien incapable de mobiliser des troupes (vieillissantes) en dehors de revendications très catégorielles, et pas très volontaire pour s’opposer non plus (notamment sur la question des rythmes, le SNUipp restant très modéré), fait dans l’attentisme, et mobilisera au mieux ses permanents et déchargés syndicaux (et encore). Et aux dernières nouvelles la FSU en s’associera pas à la journée du 16.
Dans l’EN toujours, sollicitée par SUD éduc la FERC-CGT se voit contrainte de convoquer une intersyndicale catégorielle (le 6 octobre), qui ne débouchera pas sur grand chose (posture confédérale oblige).
SI FO est volontairement à part (chez eux c’est génétique : ne pas encourager un front syndical en prenant n’importe quel prétexte), les SUD-SOLIDAIRES sont bien seuls à poursuivre l’idée d’une vraie mobilisation et ont fait une adresse publique à tous les syndicats. En vain...

 

  • Une attaque de l'extrême-droite sur l'école d'Amailloux

L'école primaire d'Amailloux est au cœur d'une polémique, déclenchée par un site internet proche de l'extrême-droite. Ce dernier, sous le titre " Un calendrier musulman distribué à des élèves de CE2 à Amailloux, dans les Deux-Sèvres ! ", indique que " certains parents " sont " choqués ".

Sur le terrain, c'est loin d'être le cas. " Quoi ? Je n'ai jamais entendu parler de ça ", réagit un père de famille, ce mercredi, alors qu'il se rendait à l'école. Même son de cloche au sein de l'Association de parents d'élèves de la commune, qui a mené sa petite enquête en se plongeant dans un cahier d'écolier de CE2. Les parents ont découvert " tout un cours d'histoire comportant les calendriers des différentes religions ".

Ces parents, convaincus du bien-fondé de la démarche pédagogique, s'étonnent du mauvais procès fait à l'enseignante. A lire dans le courrier de l'ouest.

 

 

 

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