Les nouvelles du mardi de SUD Education 79

Au sommaire cette semaine :

  • Un collègien niortais dort dans la voiture familiale.
  • Remplacements des PE : l'Education nationale face au manque de maîtres 
  • Remplacements et solutions à la con
  • Farida Belghoul : réac business
  • Brève : Non, mais allo !!!

 

  • Un collègien niortais dort dans la voiture familiale.

Aujourd’hui, à Niort, nous avons un collégien qui dort dans la voiture familiale : Hayk est arrivé en France il y a deux ans. Ayant fui son pays, venu rejoindre son père, il se retrouve maintenant sur un parking niortais attendant l’ouverture du collège au petit matin.

Les seules propositions qui sont faites à la famille pour l’hébergement d’urgence sont les foyers dans les villes éloignées du département : ils doivent alors choisir entre la continuité de la scolarité ou un toit pour la nuit.

Avant que le froid ne vienne aggraver encore la situation, nous enseignants, citoyens, amis de la famille, demandons par cette pétition, qu’une solution d’urgence soit trouvée pour le logement de ce jeune et de ses parents. Signez la pétition sur educationsansfrontière.org

 

  • Remplacements des PE : l'Education nationale face au manque de maîtres 

Comment expliquer les 659 293 journée d'enseignement non remplacées dans l'enseignement primaire public ? Le Parisien dans son édition du 3 octobre met en cause l'Education nationale sur ses capacités de recrutement. Il affirme aussi que les enseignants sont deux fois plus absents que els salariés du privé. La directrice de l'enseignement scolaire, Florence Robine a réagi en rappelant les suppressions de postes avant 2012 et en soulignant la difficulté à remplacer les congés de courte durée. Pour le Café pédagogique, l'absentéisme enseignant est inexistant. [...]

Le fameux absentéisme des enseignants

Mais qu'en est-il vraiment de l'absentéisme enseignant ? Les statistiques de l'éducation nationale, aux dires de l'Inspection générale, ne sont pas toujours sures. Elles le sont encore moins s'il faut les comparer à des données d'autres origines. On dispose d'une enquête générale sur les congés de maladie chez les salariés de tous les secteurs réalisée par ma Dares (ministère du Travail) en février 2013. Or ne confirme pas les chiffres publiés par Le Parisien. Selon la Dares, le taux d'absentéisme des enseignants est de 3,2 %, un taux légèrement inférieur à la moyenne nationale (3,6). Les taux les plus élevés concernent les métiers du batiment ou de la santé. Selon cette étude, le taux varie selon le degré de souffrance physique ou psychologique au travail et la catégorie sociale. Ainsi le taux est trois fois supérieur chez les ouvriers que chez les cadres. Les absences enseignantes doivent aussi tenir compte des congés de maternité dans une population enseignante très féminine (82%). Lire la suite sur le cafépédagogique.net

 

  • Remplacements et solutions à la con

Des méthodes de négrier pour améliorer la gestion des ressources humaines à l'Educ Nat ? C'est ce que souhaite la PEEP. C’est autour du rapport du jour sur le non remplacement de enseingants (voir votre journal de non information habituel) que se révèlent les solutions les plus inspirées.

Ainsi, tandis que la fédération de parents d'élèves FCPE souligne que les 54 000 créations de postes prévues ne suffiront pas,  la PEEP prône ouvertement de son côté une flexibilité accrue des remplaçants : « L'Education nationale ne veut pas s'attaquer au problème; c'est la gestion des ressources humaines qu'il faut revoir, en permettant, par exemple, des remplacements entre les académies. »
C'était pourtant tout simple: demander à un remplaçant de faire plusieurs centaines de km tous les jours pour résoudre tous les problèmes de remplacement et assurer une bonne qualité de l'enseignement, il suffisait d'y penser...

Et pour la Corse, comment on fait pour acheminer rapidement des remplaçants depuis les académies voisines ? On demande à l'armée de prêter ses parachutistes pour faire des remplacements ?


Selon 20 minutes, le débat sur le remplacement des profs absents serait relancé. Parmi les solutions envisagées, l’auto-remplacement serait à l'étude et cette mesure pourrait même être retenue par la nouvelle ministre de l’Éducation, Najat Vallaud-Belkacem.

Depuis plusieurs années déjà l’administration a ses idées : faciliter le remplacement par des collègues de l’établissement quitte à ce que ce soit quelque peu chaotique (mais bien payé, il faut toujours attirer le goujat).
Une autre suggestion, plus judicieuse encore avait été faite en 2013 par la médiatrice de l’Éducation nationale, Monique Sassier : «Il n’est pas sûr qu’il faille remplacer une heure de maths par une heure de maths», indiquait-elle (ah ?), suggérant par exemple, qu’un prof de français échange ses heures de cours avec son collègue de maths absent. «Il prendra de l’avance dans sa discipline et rétrocédera un temps de cours à son collègue lorsqu’il sera de retour.»

Demander au prof malade de rattraper le travail non fait quand il revient, voilà qui devrait beaucoup améliorer le système de remplacement, en effet..., mais à l'heure du numérique, il serait quand même beaucoup plus moderne de demander au malade de faire des cours en visio-conférence depuis son lit !

Et le numérique, Najat, tu penses au numérique ? A lire sur le Mammouth déchainé

 

  • Farida Belghoul : réac business

« Libéral-libertaire » est une de ces expressions fétiches de l’ultra-droite (que les réacs bon teints à la sauce Brighelli ou Polony aiment à relayer sans distance... parce que ça leur fait aussi vendre des livres !).

« Réac-mercantiles » devrait peut-être aussi maintenant faire fureur. Après l’accès payant aux vidéos de Dieudonné et son amour « anti-système » pour l’argent, un article du Huffington Post nous révèle les enjeux financiers du retour sur la scène médiatique de Farida Belghoul et de son envie de se faire du fric. « L’argent, cette putain universelle » disait déjà Karl Marx.

« Inciter les parents à »retirer les enfants de l’école« ne constitue pas seulement un moyen, mais aussi un but. La diffusion d’une rumeur anxiogène a permis de faire franchir à de nombreux parents un palier important et grave. »

[...] « Dès la deuxième moitié des années 2000, Mme Belghoul, qui avait animé des actions antiracistes en 1984, a opéré un retour sur la scène médiatique. Utilisant ses réseaux, elle écume les médias pour présenter le REID ( »Remédiation éducative« ), une association visant à donner des cours à la maison pour les »jeunes déscolarisés« . À l’époque, en plein mandat Sarkozy, elle a calibré son message pour obtenir le soutien des gauches. » [...]

Tout en mettant en avant son expérience avec ses propres filles retirées de l’école, elle avançait surtout des arguments « humanitaires » : il s’agissait de « sauver » des jeunes déjà exclus de l’institution scolaire, de les faire « revenir » vers le savoir pour qu’ils puissent reprendre leurs études dans le cursus ordinaire... Le tout devait être facturé à la modique somme de 250.000 euros pour une année et pour une dizaine de « jeunes », selon elle déjà impatients de suivre ces cours. La publicité pour le REID sera relayée par Libération, par des spécialistes de l’éducation comme Bertrand Gaufryau, mais aussi par le Forum social des quartiers populaires et bien d’autres .

Puis toute activité sur le blog s’arrête brusquement. Impossible de savoir ce qu’il est advenu des dons effectués, l’initiative révolutionnaire n’aura donc pas vu le jour. Mais l’association « REID », engrange aujourd’hui les bénéfices tirés du « livre pour enfants » publié par les JRE.«  »Les Journées de retrait de l’école apparaissent donc comme un prolongement du projet initial : il s’agit d’ amener doucement et sûrement les parents, recrutés suite à la propagande, à retirer leurs enfants de l’école publique pour alimenter des réseaux se présentant comme « une aide à la scolarisation à domicile »." [...]

Wiedmann, ancien militant du Modem de Bayrou, se présente désormais comme le « coach des parents » et anime le site Internet intitulé « L’école à la maison ». Lire la suite sur Questionsdeclasses et sur le Huffingtonpost

 

  • Brève : Non, mais allo !!!

Pôle Emploi recrute 300 professeurs des écoles par téléphone

Pour lutter contre le manque d’enseignants du primaire dans le 93, Pôle Emploi a lancé mi-septembre une campagne téléphonique de recrutement de professeurs remplaçants à la demande du rectorat.

Quelque 300 postes de contractuels sont ainsi proposés. Pour postuler, les chômeurs doivent être titulaires d’au moins une première année de master. A lire sur Questionsdeclasses

 

 

 

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