Les nouvelles du mardi de SUD Education 79

Au sommaire cette semaine :

  • Démantèlement de l'éducation spécialisée
  • Le FN attaque l’école : VIGILANCE contre l’extrême droite
  • M@gistère et PairForm@nce ou comment supprimer la formation continue en quelques clics
  • Au Québec comme chez nous : Le travail enseignant précarisé.

 

 

 

  • Démantèlement de l'éducation spécialisée

« Il faut é-vo-lu-er », voilà le maître-mot (à défaut de maîtres-ses spécialisé-e-s) du Ministère de l’Éducation nationale : on nous explique que les « vieilles structures » que sont les SEGPA (section d’enseignement général et préprofessionnel adapté), les CLIS (classe pour l’inclusion scolaire) et les EREA (établissement régional d’enseignement adapté) vont devoir « évoluer en dispositifs » (prétendument innovants bien sûr).

L’Education nationale accumule un retard très important pour la scolarisation des enfants en situation de handicap. L’an dernier plus de 250 000 élèves en situation de handicap ont été scolarisés, ce chiffre augmentant ces dernières années d’environ 10% par an. Le ministère répond à cette hausse sur la quantitatif au détriment du qualitatif, puisque cela se passe à moyens constants.

Les personnels enseignants travaillant dans ces structures sont en théorie des enseignant-e-s spécialisé-e-s, titulaires d’un diplôme spécifique et issu-e-s du 1er degré, des professeur-e-s d’enseignement professionnel (la moitié sont déjà aujourd’hui des emplois précaires recrutés sans formation pédagogique ni spécialisée), et des enseignant-e-s de lycée-collège (PLC) qui en ont fait le choix, ou qui sont amené-e-s à effectuer une partie de leur service en SEGPA.

Si on veut faire évoluer le modèle scolaire vers une école réellement inclusive pour les enfants en situation de handicap, il ne suffit pas de décréter leur accueil dans les classes générales en en faisant porter la responsabilité sur les enseignant-e-s ou sur des précaires sous payé-e-s, non suffisamment formé-e-s les uns comme les autres. Il faut construire une école capable de prendre en charge la diversité des besoins des élèves. Cela nécessite de changer pas mal de choses de la maternelle à la terminale, des engagements en termes de formation initiale et continue, des moyens supplémentaires et la réduction des effectifs par classe.

Ce n’est pas le choix qui est fait par le ministère. Au contraire, comme le montre le plan testé en avant-première dans l’académie de Grenoble, l’éducation spécialisée devrait faire les frais d’une adaptation aux politiques d’austérité. Lire la suite sur sudeducation.org

 

 

  • Le FN attaque l’école : VIGILANCE contre l’extrême droite

En octobre 2014, le Front National lançait le collectif Racine. Objectifs : un coup de com’ pour matérialiser le ralliement d’enseignantes et enseignants au parti d’extrême droite mais aussi un changement de cap stratégique. La vigilance est de mise ! [...]

Un rouage dans la stratégie du front

La création du Collectif Racine marque donc un nouveau revirement stratégique pour le Front : ce foyer marxiste dénoncé à grands cris devient un vivier d’électeurs potentiel.
Surtout, il s’inscrit parfaitement dans la stratégie de dédiabolisation du FN en permettant à des enseignants de faire leur coming-out, en donnant un visage respectable à ses adhérents, en prouvant qu’il peut s’implanter même dans les professions qui sont perçues comme lui étant le plus défavorable.
Mais derrière la communication, ce collectif est plutôt exsangue et loin d’une réelle intervention dans le milieu il se pense plutôt comme un « think-thank » sur les questions éducatives.

Combattre la réaction dans l’éducation comme ailleurs

Les grandes lignes de ce collectif ? En finir avec le collège unique, promouvoir un enseignement national (dans lequel le Métronome de Lorant Deutsch pourrait servir de manuel d’histoire), combattre le laxisme, favoriser l’apprentissage dès la 6e afin d’exclure le plus tôt possible les élèves mis en échec par leurs pratiques pédagogiques discriminantes …
Heureusement, les valeurs que de nombreux collègues continuent à défendre dans l’école d’aujourd’hui restent la solidarité, l’égalité et l’accès de toutes et tous à l’éducation et non les politiques gouvernementales de compétition, de tri social et d’individualisme sur lesquelles le FN prend appui.
Heureusement, on voit bien plus d’enseignant-e-s se battre pour permettre la scolarisation d’élèves Rroms ou sans-papiers que véhiculer les idées racistes du FN. Et l’envergure du RESF est un pied de nez adressé aux xénophobes de tous poils. Lire la suite sur sudeducation.org

 

 

  • M@gistère et PairForm@nce ou comment supprimer la formation continue en quelques clics

À l’instar des enseignant-e-s du second degré avec PairForm@nce, les enseignant-e-s du premier degré se voient imposer cette année une formation continue à distance, informatisée, sous le nom de « M@gistère ».

Outre les problèmes techniques lors de la mise en place de ces plateformes numériques, ce dispositif pose la question de l’existence d’une formation continue digne de ce nom.

Les stages de plusieurs semaines permettaient l’échange, le partage des expériences. Nous avions encore la possibilité de nous approprier ce temps de réflexion sur nos pratiques, in-dispensable dans un métier aussi accaparant que le nôtre où l’enseignant-e est souvent isolé-e dans sa classe, et de prendre le temps d’échanger sur les conditions de travail, les revendications, les luttes à mener.

Ces dispositifs ne permettent plus le contact direct. Ils isolent les travailleur-ses. Les forums sont sous contrôle de la hiérarchie. Ils nient la liberté de l’enseignant-e de prendre en charge ses besoins de formation en adéquation avec ses pratiques pédagogiques. Ils amplifient l’infantilisation en instaurant des tutorats sous l’égide de « formateur-trices » volontaires ou con-traints, « expert-es » dans la thématique du parcours « choisi ».

Ils introduisent et accentuent l’usage d’un vocabulaire de management et d’entreprise qui n’a rien à voir avec la réalité d’un métier qui est avant tout orienté vers l’humain. Pire, ce système permet une surveillance des plus inquiétantes et pourrait à terme entrer dans notre évaluation pro-fessionnelle, car chaque intervention ou absence d’intervention sur la plate-forme est tracée.

-Nous dénonçons le flicage numérique exercé, ainsi que l’absence d’une forma-tion continue solide, sérieuse, voulue et conçue par les personnels eux-elles-mêmes.

-Plus largement, ces formations à distance participent d’un contrôle massif, par le numérique, des personnels, des élèves et des familles. Lire la suite sur sudeducation.org

 

 

  • Au Québec comme chez nous : Le travail enseignant précarisé.

"Les enseignants sont comme des ouvriers d'usine : ils travaillent sur la chaîne de montage. Le boss décide d'une réforme, il accélère la chaîne de montage. Quand tu es en bas, c'est toi qui voit le produit passer, il faut que tu l'attrapes! C'est la même chose pour les enseignants. Ils sont sur le plancher", explique Maurice Tardif (Crifpe Montréal) dans La Presse. Il revient sur la précarisation accélérée du métier d'enseignant : 40% des enseignants ont un statut précaire et travaillent de façon instable sur plusieurs écoles. Selon lui, 75 % des enseignants du Québec croient que les réformes de 1998 à 2008 n'ont pas contribué à l'apprentissage des élèves. Il voit dans cette situation l'aboutissement de la précarisation d'un métier dont les acteurs ne sont plus consultés. A lire sur le café pédagogique.

 

 

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