Les nouvelles du mardi de SUD Education 79

Au sommaire cette semaine :

  • Un enseignant a dû fermer son blog après une menace de blâme par le rectorat de Lille.
  • Mamans accompagnatrices voilées : lettre à Madame la ministre
  • Brève : La mobilisation des collègues de l'EREA soutenus par SUD éduc a payé !
  • Pourquoi il faut voter Sud aux élections professionnelles

 

 

  • Un enseignant a dû fermer son blog après une menace de blâme par le rectorat de Lille.

Le site de Libé revient sur l’affaire Dominé à qui le Rectorat de Lille vient d’infliger un blâme. Dans le même temps la même peine a été adressée à Farida Belghoul... A noter que cette dame, non-contente d’avoir organisée la Journée de retrait de l’école ne semble guère très présente dans son établissement (" Après avoir été en disponibilité, selon Libé, elle a repris les cours à la rentrée au lycée professionnel Gustave-Eiffel d’Ermont (Val-d’Oise), puis a été en congé-maladie jusqu’aux vacances de la Toussaint. Le rectorat de Versailles lui a par ailleurs demandé de « s’expliquer » sur un déplacement en Russie pendant ce congé-maladie, sans obtenir de réponse jusqu’ici.")

Dans l’article Ghislain Dominé analyse de façon pertinente cette politique répressive : : « Ce que je ne comprends pas, c’est qu’un petit prof comme moi est rappelé à l’ordre quand il essaie de critiquer de manière constructive, alors que […] cela ne semble pas poser de problème lorsque Farida Belghoul [à l’origine des « journées de retrait de l’école », ndlr] ou Jean-Paul Brighelli [auteur de la Fabrique du crétin] dézinguent à tout-va l’institution ».

Début de l'article : On ne plaisante pas avec le numérique à l’Education nationale. Un prof d’histoire-géo de Tourcoing, qui avait eu l’audace de critiquer le ministère sur ce sujet, s’est retrouvé menacé d’un blâme. Il a alors supprimé son blog avec le billet incriminé ainsi que son compte Twitter. A la veille de nouvelles annonces sur le numérique à l’école, l’affaire tombe mal.

« Urticaire ». Ghislain Dominé - « lannoy29 » jusqu’ici sur Twitter - est un enseignant précurseur. Il utilise les nouvelles technologies depuis dix ans et tenait un blog très suivi nommé « Au coin de la rue de Lannoy ». Il a aussi publié des livres faisant autorité, comme le Guide de l’iPad pour les enseignants. Il était détaché depuis septembre comme chef de projet numérique à Canopé Lille, un réseau de ressources pédagogiques rattaché au ministère.

Mais le 21 octobre, Ghislain Dominé a publié un billet jugé bien trop insolent. Titré « De l’incertitude 2.0 », c’est une longue analyse où l’enseignant s’inquiète de « l’illusion technologique » ambiante - « Une fascination […] qui en vient à me donner de l’urticaire ». Evoquant la succession des plans numériques, il dénonce « l’inertie du système éducatif » et « l’échec de l’évangélisme digital ».« Le numérique n’est que vernis, conclut-il. Là où on l’impose, c’est de la pédagogie qu’il faut prodiguer. » Lire la suite sur Questionsdeclasses.org

 

 

  • Mamans accompagnatrices voilées : lettre à Madame la ministre

Le collectif Mamans Toutes Egales (MTE) se bat, depuis sa création, contre les discriminations faites aux mères musulmanes voilées, auxquelles on refuse d’accompagner les enfants lors de sorties scolaires. Le collectif appelle à rencontrer Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale, et réclame à nouveau l’abrogation de la circulaire Chatel, à l’origine de l’interdiction.

À l’attention de Madame la ministre de l’Éducation nationale,

Cela fait trop longtemps que nous, mères d’élèves scolarisés à l’école publique, sommes exclues des sorties scolaires de nos enfants et que ces derniers subissent cette violence de plein fouet tous les jours.

Nous le devons à M. Luc Châtel, qui nous a stigmatisées et a permis à certains enseignants de nous désigner comme les parias de l’école… tout en continuant d’attendre de nous la confection de gâteaux pour les kermesses et autres fêtes de l’école ! Mais aussi à M. Vincent Peillon qui, par son inaction, a laissé se perpétuer notre exclusion. Malgré l’avis du Conseil d’État du 23 décembre 2013, rappelant que la loi d’interdiction des signes religieux ostensibles ne s’applique pas aux parents accompagnateurs et accompagnatrices de sorties scolaires, la situation d’arbitraire et d’exclusion demeure inchangée, sur le terrain.

Lors de votre audition à l’Observatoire de la laïcité aujourd’hui même, mardi 21 octobre 2014, vous avez déclaré :

« Je pense notamment à la situation des parents accompagnateurs de sorties scolaires. Tout en rappelant mon attachement à la neutralité du service public (…), je veux réaffirmer un principe et une orientation. Le principe, c’est que dès lors que les mamans (les parents) ne sont pas soumises à la neutralité religieuse, comme l’indique le Conseil d’État, l’acceptation de leur présence aux sorties scolaires doit être la règle et le refus l’exception. »Lire la suite sur les mots sont importants

 

 

  • Brève : La mobilisation des collègues de l'EREA soutenus par SUD éduc a payé !

Les collègues de l'EREA F. Dolto s'étaient mobilisés début octobre contre le manque de trois professeurs d'ateliers, ce qui représentait plus de 50 heures de cours non assurés par semaine pour les lycéens en CAP.

Pourtant, pour deux des postes non pourvus, le rectorat aurait pu anticiper puisqu'il s'agit d'un congé maternité et d'un poste libéré au mouvement ! Après une opération EREA plage et un dépôt de préavis de grève par SUD éducation, les postes ont miraculeusement trouvé preneurs ! La lutte paye !

 

 

  • Pourquoi il faut voter Sud aux élections professionnelles

- Un autre syndicalisme

Indépendant de tous les pouvoirs, SUD éducation lutte contre toutes les attaques d’où qu’elles viennent. Nous portons en toute autonomie nos revendications pour les personnels et le service public. Membres de l’Union syndicale solidaires, nous voulons l’unité et la convergence des luttes. Pour nous le syndicalisme c’est rassembler les personnels, construire la démocratie à la base et l’autogestion dans la vie du syndicat.

- Une autre école, une autre société

Nos conditions de travail se dégradent. Notre charge de travail augmente. La précarité se développe. Les pressions hiérarchiques se multiplient. Les inégalités se creusent dans la société et à l’école : entre les territoires, les élèves, les personnels. Pour nous l’école n’est pas une entreprise, l’éducation n’est pas une marchandise. C’est pourquoi SUD éducation lutte contre le libéralisme, contre toutes les discrimina- tions, contre toutes les inégalités. Nous défendons l’autogestion et les pédagogies alternatives. Pour une autre société, une autre école : publique, gratuite, laïque, égalitaire et émancipatrice.

- Une autre voix face à la hiérarchie

Dans les établissements, dans les écoles, dans les commissions et dans la rue, SUD éducation est toujours sur le terrain pour défendre et accompagner tous les personnels, statutaires ou précaires, de la maternelle à l’université, syndiqués ou non. Voter pour des élu-e-s SUD éducation, c’est faire entendre une voix sans complaisance dans les CAP, les CT, les CCP ; c’est choisir des représentant-e-s sans connivence avec la hiérarchie, qui rendent compte aux personnels. SUD éducation ne (se) laisse pas faire, nous ne sommes pas un syndicat de cogestion mais un syndicat de lutte.