Les nouvelles du mardi de SUD Education 79

Au sommaire cette semaine :

  • Radicalisation religieuse: le rectorat dérape
  • Brève : organisation des élections : Sud saisit la CNIL
  • Antisémitisme chez les profs du Collectif Racine
  • Les AVS en grève. Sud soutient toutes les mobilisations contre la précarité.
  • Radicalisation religieuse: le rectorat dérape

Mediapart s'est procuré un stupéfiant document envoyé par l'académie de Poitiers aux chefs d'établissement. Sous couvert de « prévenir la radicalisation » religieuse de jeunes, il manie clichés et préjugés en ciblant les musulmans. Le ministère admet un certain embarras. [..]

Un Powerpoint de 14 pages, intitulé « Prévention de la radicalisation en milieu scolaire » (à lire ici en intégralité), a ainsi été envoyé par courriel à tous les chefs d’établissements de la Vienne. Il le sera bientôt dans toute l’académie de Poitiers. Le document qui porte l’en-tête du ministère de l’Éducation nationale et de l’académie de Poitiers se propose d’apporter à ces cadres des indicateurs pour repérer les situations potentiellement dangereuses.

Si aucune définition ne vient préciser de quelle « radicalisation » on parle, c’est pourtant exclusivement de l’extrémisme musulman qu’il est question tout au long du document. À croire qu’il n’y a pas de radicaux catholiques, juifs ou autres… Et que la radicalisation politique, à l’extrême droite, par exemple, n’intéresse pas l’Éducation nationale.

À la manière d’un petit guide pratique, le Powerpoint offre aux chefs d’établissement une liste de précieux indices pour repérer les élèves en perdition. En tête de ces « signes extérieurs individuels », la « barbe longue non taillée (moustache rasée) » doit mettre la puce à l’oreille, tout comme les « cheveux rasés » et « l’habillement musulman ». Les « jambes couvertes jusqu’à la cheville », le « refus du tatouage » viennent ensuite, juste avant le « cal sur le front » (qui apparaît après des années de pratique assidue chez les musulmans très religieux) ou la « perte de poids liée à des jeûnes fréquents » – à ne pas confondre, la tâche est ardue, avec l’anorexie adolescente. Le document ne dit pas si un seul de ces signes suffit à tirer la sonnette d’alarme ou s’il faut tous les cumuler pour mériter un signalement. Ni ce que devront faire les chefs d’établissement face à des barbus maigrichons non tatoués.

Le document pédagogique rappelle que certains « comportements » doivent inciter à la vigilance. Ainsi « le repli identitaire », la « rhétorique politique » sont particulièrement suspects surtout si l’individu fait référence à « l’injustice en Palestine », ou à certains pays précisément listés : « Tchétchénie, Iraq (sic), Syrie, Égypte ». Marquer un « intérêt pour les débuts de l’Islam » est aussi un signe inquiétant pour l’Éducation nationale. Enfin, bien qu’on imagine assez mal qu’ils le revendiquent, les jeunes qui raconteraient être soumis à une « exposition sélective aux médias (préférences pour les sites webs djihadistes) » sont à surveiller de près. Lire la suite sur Médiapart.(payant)

 

  • Brève : organisation des élections : Sud saisit la CNIL

Sud Education saisit la CNIL pour irrespect des droits numériques des personnels lors des élections professionnelles. Le syndicat dénonce l’invasion de messages dans les boites aux lettres électroniques. Il proteste aussi contre les inégalités d’accès aux ordinateurs pour voter. Pour Sud, « la participation au vote est compromise » par la complexité de la procédure et l’abstention pourrait encore progresser en 2014. « L’ensemble discrédite les syndicats », estime Sud. A lire sur le café pédagogique.

 

  • Antisémitisme chez les profs du Collectif Racine

Jean-François Sauvage, un des fondateurs du collectif FN pour les enseignants (le collectif Racine), multiplie lui les blagues sur le nazisme, parlant de « très belle vue » pour des photos d’un cimetière profané d’une croix gammée, s’amusant d’un concours « Miss Hitler » en commentant « Haïe ! aïe.* (pardon) », ou à l’idée que « Heydrich aura fait un mort de plus… », en parlant du titre du livre de Laurent Binet, HhHH.
Sur son profil Facebook, le 11 novembre dernier, il publie un article sur un cas de cannibalisme en République démocratique du Congo surmonté de ce commentaire: "Y'a bon, Banania?" Contacté lundi, le collectif Racine n'a pas été joignable pour l'instant » nous informe l’Express.

Yannick Jaffré, président du Collectif Racine, parle dans son livre Vladimir Bonaparte Poutine de « la main-étoile jaune de SOS racisme » (p233), et affirme que « Le coup de génie (ou de gangster) du judaïsme, ce n’est pas de doper à la « théologine » la constitution d’un peuple (les païens le faisaient sans complexe universaliste), c’est de faire passer son bien propre pour le salut de l’humanité entière. Dès lors les autres, goys ou kafirs, sont au mieux des montures, au pire des obstacles sur la voie du Bien vers lequel l’élu les conduit, bon gré mal gré, morts ou vifs. A leur égard, tout est permis : duplicité, mensonge, violence, double discours, morales à usage interne et externe. » Source. A lire sur le mammouth déchainé.

 

  • Les AVS en grève. Sud soutient toutes les mobilisations contre la précarité.

Le 25 novembre, les AVS-AESH seront en grève dans plusieurs villes et départements pour protester contre leurs conditions de travail, leurs salaires de misère et le mépris dont ils font l'objet de la part de l'administration. Les annonces du ministère sur la reconnaissance du métier d'accompagnant-e des élèves en situation de handicap étaient de la poudre aux yeux. Seul un nombre très restreint d'AVS est CDIsé, à temps partiel. Pour les autres, il leur faudra d'abord 6 ans de CDD, et tous les personnels AVS sous contrat CAE-CUI sont carrément exclu-e-s de la CDIsation. Pour tou-te-s, ce sont des temps partiels imposés et des salaires en-dessous du seuil de pauvreté.

La fédération SUD éducation soutient toutes les mobilisations contre la précarité, appelle à les renforcer et à les généraliser.

La précarisation est au centre du processus de destruction des droits de tou-te-s les salarié-e-s, des services publics et des solidarités.

Mobilisons-nous toutes et tous pour faire reconnaître les métiers, faire respecter les droits existants, améliorer les conditions de travail et de rémunération, mettre fin à la précarité et obtenir la titularisation sans condition de concours ni de nationalité de tou-te-s les précaires.

 

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