Les nouvelles du mardi de SUD Education 79

Au sommaire cette semaine :

  • Précaires en grève : occupation de la DGRH de l’Education Nationale
  • Un enfant est mort
  • SEGPA/EREA/ULIS : À travail égal, horaire égal, salaire égal
  • Soutien au syndicalisme indépendant en Palestine
  • Propagande et sondages ifop sur les enseignants

 

  • Précaires en grève : occupation de la DGRH de l’Education Nationale

C’était mardi 25, suite à un appel national à la grève pour les AVS.

Source - Dans le cadre de la journée nationale de grève des personnels précaires de l’Education Nationale ( AVS/EVS/AESH), des salariéEs soutenus par AC ! Ile de France et SUD Education sont allés rendre une visite collective à la Direction Générale des Ressources Humaines de l’Education Nationale, porte d’Ivry.
« Comme nous nous y attendions, on a commencé par nous dire que nous n’étions pas " au bon endroit". C’est tout simple, à l’Education Nationale, il n’y a pas de "bon endroit " pour faire valoir ses droits quand on est précaire. »

Un retard de salaire pour la troisième fois depuis le début du contrat ? Le collège employeur vous renvoie vers le lycée payeur qui vous informe que c’est l’Etat qui n’a pas versé l’argent.

Des conditions de travail dégradées, des emplois du temps tordus qui changent une fois par mois, un travail à effectuer sur plusieurs établissements éloignés les uns des autres ? C’est "normal", il n’y a pas assez de moyens, les budgets sont restreints, alors aux précaires de s’épuiser à combler les manques.
Et puis aussi : une autre lettre d’AESH en colère :

Madame la Ministre, travailleriez-vous 20 h par semaine pour un salaire de 591 euros ?
C’est aujourd’hui ce que vous nous proposez, dans un cadre que le Code du travail refuse pour tout salarié du privé (article L.3123-14-1 qui stipule que la durée minimum de temps de travail pour un salarié à temps partiel est désormais de 24h/semaine). Nous revendiquons un temps de travail et un salaire horaire qui nous donne les moyens d’une existence matérielle digne de ce nom !

Madame la Ministre, accepteriez-vous d’être intégrée dans une classe sans aucune préparation ? Lire la suite… A lire sur le Mammouth déchainé.

 

 

  • Un enfant est mort

Nous voulons saluer la mémoire de Magomedkhan, 11 ans, mort dans un parking, jeudi soir, et témoigner notre solidarité à sa famille.

Depuis son arrivée en France en 2009, avec ses parents fuyant les persécutions et demandant un Asile qu'on leur a refusé, Magomedkhan s’est retrouvé sans ressources avec sa mère et ses 3 frères.

L'urgence était pourtant criante : 

- Une mère isolée avec 4 enfants mineurs dont un enfant lourdement handicapé ;

- Cette mère disposant d'une autorisation provisoire de séjour renouvelée tous les 6 mois ; 

- Des documents délivrés par la préfecture, mais sans le droit au travail ;

- Cette mère sans aucune ressources ni allocations pour l'éducation des enfants ;

- Un hébergement d'urgence de 9m2 obtenus depuis peu, après de longues procédures.

Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir saisi, à de multiples reprises, les institutions concernées  pour obtenir la carte de séjour qui aurait pu permettre à la famille de stabiliser sa situation, un hébergement dans un CHRS, le droit pour l'enfant handicapé à pouvoir bénéficier d'une aide matérielle.... 

C'est dans ces conditions que la famille n’a jamais pu poser ses maigres valises dans un endroit stable et sécurisant alors que l'association Habitat et Citoyenneté a alerté les services sociaux sur la nécessité impérieuse d'obtenir une place dans un centre d'hébergement et de réinsertion.

Jamais Magomedkhan n'a eu droit à un bout de chambre à lui, ni à un bureau pour faire ses devoirs, ni à des repas assurés chaque jour, encore moins à des loisirs.

Malgré cela, il a beaucoup investi dans l’école, seule institution accueillante.

 Depuis ses 7 ans, le petit Magomedkhan faisait le traducteur de toutes les démarches administratives de sa mère, de ses frères ; il accompagnait sa mère dans les hôpitaux, celle-ci n'ayant jamais eu le temps de se rendre à des cours de français, ne pouvant laisser seul l’enfant malade.

 Magomedkhan attendait le soir que la boulangerie du quartier ferme pour rapporter le pain non vendu à la maison et cela, tout le monde le savait.

Seules les associations humanitaires et militantes ainsi que des citoyen-nes bénévoles ont apporté leur aide à cette famille, pour se nourrir, se vêtir ....

Magomedkhan, enfant lumineux et joueur en dépit de tout, comme tous les enfants, avait besoin de loisirs. Il a grandi trop vite comme la plupart des enfants dans sa situation, enfant d'étrangers fuyant des pays où leur vie ne vaut pas cher.

Ce soir-là, il était sorti retrouver des copains… pour oublier ?  pour respirer ? pour avoir un peu d'espace ?

Sa mère a bien essayé de le joindre au téléphone mais…

Ce n'est pas seulement une bombe aérosol qui a tué Magomedkhan, ce sont surtout les violences institutionnelles subies par sa famille en contradiction totale avec la CIDE(Convention Internationale des Droits de l'Enfant) dont nous venons de célébrer l'anniversaire.

"l'intérêt supérieur de l'enfant " dont parle cette Convention signée par la France, ce n'était pas pour lui, ni pour ses  frères, ni pour tous les petits Magomedkhan qui grandissent dans notre beau pays.

A lire sur le blog de RESF.

 

 

  • SEGPA/EREA/ULIS : À travail égal, horaire égal, salaire égal

La Fédération SUD éducation lance une campagne de dénonciation du nouveau décret concernant les conséquences sur les PE en SEGPA/EREA /ULIS.

Les enseignant-es spécialisé-es exerçant en SEGPA/EREA/ULIS, Professeurs des écoles, exercent dans le second degré.

Depuis l’origine, l’administration les a considérés comme des enseignant-es relevant des statuts du premier degré, avec des horaires aménagés progressivement à 21 heures.

Or, ces enseignant-es exercent dans le second degré, et dans les « décrets de 50 » encore applicables cette année, les horaires des enseignant-es du second degré sont de 18 heures pour les non agrégé-es. Ce qui signifie que depuis des années, les enseignant-es spécialisé-es font 3 heures supplémentaires non payées.

Les nouveaux statuts du second degré (décret 2014-940), sur lesquels nous avons développé une critique globale [1] précisent à présent que les horaires de travail des enseignant-es spécialisé-es en SEGPA/EREA/ULIS sont de 21 heures (si cette précision est donnée maintenant, c’est bien qu’il y avait un problème). Ces horaires sont applicables à la rentrée 2015.

Il faut obtenir une révision de ce décret et, sur ce point au moins, faire admettre que les enseignant-es du second degré relèvent des horaires du second degré.

En attendant, il reste à récupérer les heures supplémentaires faites indûment, et cette récupération n’est possible que sur 4 ans (car il y a prescription des dettes de l’État au bout de 4 ans).

Pour la démarche à suivre, contactez votre syndicat SUD éducation [2]

Cette démarche purement juridique n’est qu’une première étape, c’est une revendication de simple égalité : à travail égal, horaire égal, salaire égal.

Mais au-delà notre but reste toujours le même : Pour un corps unique dans l’Éducation Nationale ! Alignement de toutes et tous sur le meilleur statut ! Pour une réduction du temps de travail, tout de suite !

A lire sur sudeducation.org

 

 

  • Soutien au syndicalisme indépendant en Palestine

L’été 2014 en Palestine a été marqué par le massacre à Gaza, le troisième en six ans, et son cortège de morts. Si besoin était, ces 2200 morts démontrent la fin du processus d’Oslo, la nécessité de soutenir la résistance palestinienne, et celle de traduire l’Etat israélien devant la Cour Pénale Internationale.

Malgré le soutien indéfectible des gouvernements occidentaux à l’Etat israélien, qui vont jusqu’à criminaliser la solidarité avec les Palestiniens, une solidarité syndicale s’est exprimée dans le monde entier. Cet engagement s’est traduit dans la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions), en particulier par de spectaculaires actions de blocages de bateaux israéliens dans des ports en Californie.

La campagne BDS vise à faire pression sur Israël jusqu’à ce que le droit international soit respecté :

- La fin de l’occupation et de la colonisation, donc le démantèlement de toutes les colonies existantes dans les territoires occupés, le démantèlement du Mur et la fin du blocus de Gaza.

- L’égalité entre Palestiniens et Juifs d’Israël, la fin de l’Apartheid et la libération des prisonniers politiques palestiniens.
- La mise en oeuvre du droit au retour des réfugiés palestiniens.

- L’autodétermination pour les Palestiniens.

Nous, syndicats européens alternatifs et de base, appelons à boycotter le syndicat raciste israélien Histadrout et à renforcer les liens avec les syndicats indépendants palestiniens, notamment ceux de la Federation of Independent Unions of Palestine (FIUP) ou encore avec les organisations rassemblées dans l’Union des Comités Indépendants de Travailleurs (ICCU). Nous affirmons notre disponibilité à appuyer les syndicats indépendants et internationalistes qui pourraient se créer en Israël.
En terme de désinvestissement, nous appelons à
faire pression sur l’entreprise française de téléphonie Orange pour qu’elle cesse sa collaboration avec l’entreprise israélienne Partner.

Enfin, en termes de sanctions, nous exigeons de l’Union européenne et de ses Etats qu’ils suspendent leurs accords d’association et de collaboration avec Israël.

Retrouvez le communiqué du Réseau européen des syndicats alternatifs et de base sur Solidaires.org

 

 

  • Propagande et sondages ifop sur les enseignants

Le directeur des études de l'Ifop, Damien Philippot, qui selon VSD et Arrêt sur images (source) jouerait un rôle important auprès de son frère vice-président du Front national et pourrait être un "conseiller occulte" de Marine le Pen, s'enthousiasme sur la « révolution culturelle » du milieu enseignant (Les Echos)
D'après lui, les enseignants ont une attitude très positive face au monde de l'industrie, et 61 % d'entre eux estimeraient même souhaitable "pour rapprocher école et industrie, [de] former les enseignants"...
Ah, un bon petit formatage... à moins que l’Ifop ne fasse des sondages que chez les sympathisants de certains syndicats… A lire sur le Mammouth déchaîné

 

 

 

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