Les nouvelles du mardi de SUD Education 79

Au sommaire cette semaine :

  • PE remplaçant-e-s et en postes fractionnés : flexibilisation inacceptable du temps de travail !
  • Lendemain de fête : l'analyse des scrutins par le Mammouth déchaîné. 
  • Éducation prioritaire : La mobilisation s'amplifie.
  • Projet de loi : faire payer le « burn out » à l'employeur

 

  • PE remplaçant-e-s et en postes fractionnés : flexibilisation inacceptable du temps de travail !

Suite à la mise en place des nouveaux rythmes scolaires, différenciée selon les écoles, les professeur-e-s des écoles assurant des fonctions de remplacement et sur postes fractionnés peuvent être appelé e s à assurer plus de 24 heures de classe dans la semaine, en contradiction avec la définition du maximum hebdomadaire de service.

Conséquences néfastes de la désorganisation du temps de l’école provoquée par la réforme des rythmes scolaires, le ministère ouvre une nouvelle brèche dans la déréglementation du service des professeur-e-s des écoles en modifiant le décret relatif à leurs obligations de service et en instaurant « une récupération des heures effectuées en sus de 24h dans la semaine, sous la forme de journées ou de demi-journées non travaillées. »
Une attaque contre le statut des professeur-e-s des écoles

Les professeur-e-s intervenant sur diverses écoles auront un temps de travail fluctuant au gré de leurs affectations avec toutefois deux limitations à l’annualisation totale :

Il n’est pas possible de faire travailler un PE à la fois le mercredi et le samedi ;

Les heures effectuées en sous-service ne seront pas décomptées pour les faire rattraper ensuite par des dépassements horaires ou pour les déduire des heures à récupérer (ce sous-service hebdomadaire étant de la responsabilité de l’employeur).

L’administration s’appuie sur ces deux limites pour nier qu’il s’agisse d’une annualisation.
Des modalités et une mise en œuvre des récupérations inacceptables

Les modalités indiquées dans la note de service demeurent totalement floues et inacceptables !
Aucune règle et modalité définies collectivement. Elles restent sous la seule autorité du DASEN : les CTSD ne seront consultés que pour avis ; des bilans annuels (donc à posteriori) y seront présentés, mais pour quel effet ? ; le ministère ayant refusé la possibilité d’un droit d’appel et de la saisine de la CAPD, il n’y aura aucun contrôle des organismes paritaires, ce qui livre les personnels aux pressions de leur hiérarchie et ouvre la porte au clientélisme.

Aucune obligation pour les DASEN de regrouper les heures à récupérer au-delà de demi-journées.
Aucune obligation pour l’administration d’anticiper un calendrier annuel ou même mensuel des récupérations puisqu’elle doit « au plus tard à la fin de la semaine précédente » faire connaître, à l’enseignant-e concerné-e, ses jours ou sa période de récupération.

Aucun choix possible de la période de récupération pour les personnels, puisque c’est l’intérêt du service qui prime et que doivent être privilégiées les périodes « creuses » de remplacements.

Ce temps de récupération ne peut être reporté sur l’année suivante. Il est prévu pour les remplaçant-e-s de préférence sur leur temps en école de rattachement et pour les collègues en postes fractionnés de préférence en début ou fin d’année scolaire. Mais il ne sera pas possible de tout récupérer en fin d’année ! Ou ce sera sans remplacement et donc au détriment de toutes les équipes !

Faire respecter les droits, faire reculer l’arbitraire

Les administrations locales tentent souvent de mettre en œuvre cette contre-réforme sans même respecter les quelques gardes-fous existant. Nous appelons les personnels à faire respecter leurs droits en lien avec leurs organisations syndicales. Lire le texte en entier sur SudEducation79.org

 

  • Lendemain de fête : l'analyse des scrutins par le Mammouth déchaîné. 

- ceux qui «  montent » :

Incontestablement FO qui passe de 35 245 voix en 2011 à 52 579 voix en 2014, soit plus de 17 000 voix. Un siège de plus au CTM. L'Unsa, qui gagne 12 000 voix (passe de 72 397 à 84 751 voix.) Aussile SNALC, qui gagne 4670 voix et passe de 16 485 à 21 152 voix. Ce syndicat ne fait que retrouver son niveau de 2008 après la lourde défaite de 2011, et regagne un siège au CTM. On peut dire que le mouvement corporatiste des CPGE (qui ont bien voté, eux) leur a bien servi. SUD, petitement,gagne aussi quelques voix (61), mais perd tout de même son siège, du fait de l’augmentation du nombre de votants.

- ceux qui descendent :

Incontestablement la FSU(- 5000 voix) quipaie ses indécisions(ou sa politique chacun appréciera). Un lourd recul, la centrale perdant la majorité au CTM. Mais aussi la CGTqui passe de 22 598 à 21 300 voix, sans perdre de siège. Et aussi le Sgen-Cfdtqui passe de 34 907 à 34 342 voix. Pour un tableau des résultats et décompte des sièges, voir là.

- mais qui perd vraiment ?

Incontestablementle sous prolétariat de l’Education nationale, mieux encore lesous-prolétariat féminin: moins de 5 % de votants chez les AED-AESH, alors queles IEN, chefs d’établissement, votent eux à plus de 85 %. Eux, sans aucun doute, il savent pourquoi ils votent. Idem on remarque untaux de participation qui est plus élevé chez les agrégés et chez tous les corps qui croient représenter une élite(en péril ?).

- enfin, cachez ces votes blancs, que l’on ne saurait voir.

Plus de 26 110 électeurs auraient créé un compte électeur pour voter blanc au CTM (ou pourtant le panel syndical est le plus large possible). Voilà de quoi surprendre, surtout lorsque l’on connait la difficulté que certains ont pu avoir pour créer un compte. A La Poste, nous dit-on, certains votes pourtant exprimés en faveur d’une liste sont arrivés comme « blanc ».

-notre analyse : droitisation ou corporatisation ?

On ne peut que remarquer le succès dans l’EN des votes de contestation conservatrice (FO-SNALC) qui marquent la montée des Ré-aco-publicains face aux pédagogistes. Combat bien inutile tant les enjeux du moment (la marchandisation de l’école et la création d’une économie de la connaissance) vont bien au-delà de ces courtes vues (mais me direz-vous, ça les occupe). Il faut croire que les décret de 50, la pédagogie du coup de pied au cul et du rabâchage sont un Nirvana pédagogique qui séduit et qui monte, qui monte…
A moins que, à moins que,
tout simplement les profs décomplexés affirment leur vote de droite (« prof de droite ? », disait l’ancien président du SNALC aujourd’hui passé avec femmes et bagages à FO), avec leur non-idéologie (qui en est déjà une) éclairée (comme toujours) qu’ils portent désormais en bandoulière, voire en étendard, leur permettant à la fois de brailler un pseudo désaccord institutionnel et de prendre, dans le même temps et à bon, compte, HSA, prime, petits pouvoirs… Lire la suite sur le Mammouth déchaîné.

 

  • Éducation prioritaire : La mobilisation s'amplifie.

Il y a là un air de déjà-vu, ou plutôt de déjà entendu. Un peu comme pour la réforme des rythmes scolaires, la refonte des ZEP, qui semblait faire consensus il y a quelques mois, se heurte à des résistances plus vives qu’attendues. Car si personne ne conteste une remise à plat des zones d’éducation prioritaire – dont le nombre a été multiplié par trois en trente ans, personne non plus, du côté des enseignants comme des parents d’élèves, ne saurait accepter d’être du jour au lendemain rayé de la carte, autrement dit privé des moyens supplémentaires qu’apporte la labellisation. On a beau parier, Rue de Grenelle, sur une « mobilisation circonscrite », rappeler que les « sorties » de ZEP seront compensées par autant d’« entrées », la liste des collèges en grève et des écoles occupées s’allonge de jour en jour.

A deux semaines de l’annonce des 1 082 nouveaux réseaux d’éducation prioritaire, les REP, les mêmes slogans se font entendre, de Dijon à Paris : « Touche pas à ma ZEP », « ZEP = zones d’éducation poignardée »« La contestation peut faire tache d’huile, [estime une source syndicale.] Dans l’académie de Créteil, c’est parti d’établissements déclassés avant de s’étendre aux ZEP rurales, et aujourd’hui, même des collèges qui ne relevaient pas de l’éducation prioritaire s’y agrègent. Dans les territoires difficiles ou isolés, avoir 25 élèves par classe est devenu une condition non négociable de l’exercice du métier. » Lire la suite sur LeMonde.fr

 

  • Projet de loi : faire payer le « burn out » à l'employeur

Les entreprises payeront-elles bientôt pour réparer les dégâts du burn-out? Une trentaine de députés demandent sa reconnaissance comme maladie professionnelle, dans une tribune publiée par le Journal du dimanche. Cette étape "est indispensable pour faire que les effets de l'épuisement nerveux au travail soient à la charge de ceux qui en sont responsables, c'est-à-dire les employeurs", expliquent les élus, tous issus de la majorité. Une proposition de résolution sur le sujet a déjà été adoptée par le groupe PS au Sénat en juillet. 

Pour les députés de la majorité signataires, il s'agirait de faire "basculer le financement" de ce syndrome d'épuisement professionnel "sur la branche Accident du travail et maladies professionnelles - financée par les cotisations patronales à 97%". Les députés proposent l'inscription de deux nouveaux éléments au tableau des maladies professionnelles: la dépression consécutive à un épuisement profond et le stress post-traumatique au travail.  

Seuls quelques dizaines de cas reconnus par an

Pour l'heure, une personne souffrant d'un stress extrême au travail a droit à un congé maladie ou un temps partiel thérapeutique financés par le régime général de la Sécurité sociale et donc par l'ensemble de la collectivité. Seuls quelques dizaines de cas par an obtiennent que leur syndrome d'épuisement soit reconnu maladie professionnelle, celle-ci ayant entraîné une incapacité permanente de plus de 25%, tandis qu'un lien "direct et essentiel" avec le travail a été mis en évidence, selon les dispositions en vigueur. 

Cette tribune intervient quelques semaines après la publication par Cegos d'un baromètre sur le stress au travail. Selon cette enquête, un salarié sur quatre déclare avoir subi au cours de sa carrière un problème psychologique grave comme une dépression ou un burn-out. 

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